Auxiliaire de santé ems

Auxiliaire de santé en EMS : le quotidien d'une journée de travail

Par ESSR 17 mars 2026

 13 min de lecture

Vous vous interrogez sur ce que représente vraiment ce métier — pas la fiche institutionnelle, pas le résumé en trois lignes sur un site d'orientation professionnelle. Ce que vous voulez savoir, c'est à quoi ressemble concrètement une journée : ce qu'on fait à 7 h du matin, ce qu'on ressent à 13 h q

Vous vous interrogez sur ce que représente vraiment ce métier — pas la fiche institutionnelle, pas le résumé en trois lignes sur un site d'orientation professionnelle. Ce que vous voulez savoir, c'est à quoi ressemble concrètement une journée : ce qu'on fait à 7 h du matin, ce qu'on ressent à 13 h quand le shift tourne, ce qu'on transmet à l'équipe du soir avant de rentrer chez soi. Voici cette journée, heure par heure, telle qu'elle se vit dans les EMS de Suisse romande.

En bref — En Suisse, un auxiliaire de santé en EMS assure les soins de base des résidents âgés ou dépendants : aide au lever, toilette, alimentation, mobilisation et transmissions d'équipe. Il travaille en roulements de 7 à 8 heures — shift matin (6 h–14 h) ou après-midi (13 h–21 h) — sous la supervision d'un infirmier diplômé. C'est un métier physiquement et humainement exigeant, et l'un des plus utiles qui soit.

Qu'est-ce qu'un auxiliaire de santé en EMS ?

Un EMS (établissement médico-social) accueille des personnes âgées dépendantes ou des adultes qui nécessitent une prise en charge soignante continue. On y trouve des résidents atteints de maladies chroniques, de troubles cognitifs comme la démence, ou simplement des personnes dont la perte d'autonomie rend la vie à domicile impossible. Selon senesuisse.ch, les EMS constituent le principal dispositif d'hébergement médicalisé pour personnes âgées en Suisse.

Dans cette structure, l'auxiliaire de santé est le maillon de proximité le plus direct avec le résident. Pas celui qui prescrit, pas celui qui administre les médicaments — celui qui est là au lever, au repas, au coucher. Celui dont le résident reconnaît le pas dans le couloir. Ce rôle de présence quotidienne n'est pas secondaire : il est central.

Pour travailler en EMS, il est utile de connaître les distinctions entre les trois rôles soignants qui coexistent dans ces établissements. Découvrez notre formation Auxiliaire de Santé pour comprendre ce qui vous attend.

Auxiliaire de santé, aide-soignant, ASSC : quelle différence ?

Les termes se croisent souvent dans le langage courant. « Aide-soignant » et « auxiliaire de santé » désignent dans la pratique quotidienne le même rôle en Suisse romande — mais le titre officiel reconnu par OdASanté est auxiliaire de santé (AS). C'est ce titre qui figure sur les offres d'emploi des EMS et sur les diplômes des formations reconnues.

L'ASSC (assistant·e en soins et santé communautaire) est un niveau au-dessus : c'est un CFC de 3 ans, avec un périmètre d'actes délégués plus étendu, notamment en matière de soins techniques. L'infirmier·ère diplômé·e HES (3 ans également, mais niveau tertiaire) prescrit, coordonne et supervise — c'est le responsable médical de l'équipe de soins.

L'auxiliaire de santé, lui, travaille toujours sous la responsabilité d'un infirmier ou d'un ASSC. Cela ne diminue en rien l'importance de son rôle — cela en définit le cadre légal.

Le shift du matin : de 6 h à 14 h

Le shift matin est le plus dense en soins de base. Les résidents se lèvent, se lavent, s'habillent, prennent leur petit-déjeuner — et chacun de ces gestes du quotidien, banal pour une personne autonome, représente une aide réelle et structurée pour quelqu'un qui ne peut plus les accomplir seul. Voici ce que ce shift contient, dans l'ordre.

6 h–7 h : prise de poste et transmissions

Tout commence par les transmissions. L'équipe de nuit attend l'équipe du matin, et ce passage de relais n'est pas une formalité : c'est un acte soignant. En 30 à 45 minutes, chaque résident est évoqué — son état dans la nuit, les incidents éventuels, les observations particulières à surveiller pendant le shift. L'auxiliaire lit le plan de soins individuel, note ce qui a changé depuis la veille, et commence sa tournée avec une image précise de chaque personne dont il a la charge.

Bien transmettre — savoir quoi dire, comment le formuler, à qui — fait partie des compétences que la formation ESSR enseigne explicitement, car une mauvaise transmission peut avoir des conséquences directes sur la sécurité du résident.

7 h–11 h : les soins du matin

C'est ici que se concentre l'essentiel du travail technique. Chambre après chambre, l'auxiliaire accompagne chaque résident dans sa toilette — complète au lit pour ceux qui ne peuvent pas se lever, au lavabo ou à la douche pour ceux qui conservent une mobilité partielle. La toilette n'est pas un simple nettoyage : c'est le moment d'observer l'état cutané (rougeurs, escarres naissantes, hématomes), de vérifier l'état général, de détecter ce qui a changé depuis la veille.

La prévention des escarres — ces plaies causées par une pression prolongée sur la peau chez les personnes à mobilité réduite — est l'une des responsabilités quotidiennes de l'auxiliaire de santé en EMS. Elle passe par l'inspection cutanée systématique, les changements de position réguliers et l'utilisation correcte des équipements de positionnement.

Viennent ensuite l'habillage (en respectant ce que le résident peut encore faire lui-même — le principe d'autonomie résiduelle est fondamental, pas optionnel), les soins bucco-dentaires, et la mobilisation vers le fauteuil ou la salle à manger. La manutention des personnes — transferts lit-fauteuil, aide à la marche, utilisation du lève-personne — se fait avec des techniques d'ergonomie précises pour protéger à la fois le résident et le soignant.

11 h–14 h : aide au repas, observations et passation

L'aide à l'alimentation est plus complexe qu'il n'y paraît. Certains résidents ont des régimes spécifiques (textures modifiées, sans sel, sans gluten), d'autres ont des troubles de la déglutition qui nécessitent une vigilance active pendant le repas. L'auxiliaire installe le résident correctement, adapte le plateau, aide à manger sans se substituer à ce que la personne peut encore faire seule, surveille les signes de fausse route.

En fin de shift, tout ce qui a été observé est consigné dans le dossier de soins et transmis à l'équipe de l'après-midi. La traçabilité n'est pas de la bureaucratie : c'est ce qui permet à l'équipe suivante de prendre le relais sans rupture de continuité.

Le shift de l'après-midi : de 13 h à 21 h

Le chevauchement entre les deux shifts — de 13 h à 14 h — est le moment des transmissions. Puis l'équipe de l'après-midi prend la suite : moins chargée en soins techniques, cette tranche est plus riche en présence humaine et en activités.

13 h–17 h : repas du midi, repos et activités

Le repas du midi est le principal rassemblement de la journée dans un EMS. L'auxiliaire aide à l'installation en salle à manger, assiste ceux qui en ont besoin, veille à l'ambiance — parce que manger ensemble a une dimension sociale que les résidents apprécient et qui contribue à leur qualité de vie.

L'après-midi, les résidents se reposent, puis certains participent à des activités d'animation : ateliers mémoire, promenades, groupes de lecture, exercices doux. L'auxiliaire peut être amené à accompagner ces activités. C'est souvent dans ces moments-là, moins codifiés que les soins du matin, que se tisse la relation de confiance avec les résidents. François Dupuis, ancien chef de clinique en gériatrie aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et psychologue, a construit la formation ESSR autour de cette conviction : la relation humaine n'est pas un plus, c'est un soin à part entière.

17 h–21 h : repas du soir et soins du coucher

Aide au repas du soir, toilette du soir simplifiée, installation pour la nuit — le shift se referme sur les mêmes gestes du matin, en version allégée. Avant de partir, l'auxiliaire transmet à l'équipe de nuit : qui a peu mangé, qui était agité, qui a signalé une douleur.

Il existe également un shift de nuit (21 h–6 h), assuré par d'autres membres de l'équipe. Les auxiliaires débutants y sont moins souvent affectés dans les premières semaines, mais c'est une réalité du métier à connaître avant de s'y engager.

Ce que personne ne vous dit sur ce métier

Il serait inexact — et peu respectueux — de présenter ce métier comme facile. Trois réalités méritent d'être nommées clairement.

La charge physique. Soulever, porter, se pencher, pivoter — les gestes de manutention sollicitent le dos quotidiennement. Des techniques d'ergonomie correctes s'apprennent, se pratiquent et, bien appliquées, protègent efficacement. Les EMS modernes sont équipés de lève-personnes, de rails plafonniers, de lits médicalisés réglables. Mais la vigilance sur les postures doit être constante, dès le premier jour.

La charge émotionnelle. Côtoyer des personnes en fin de vie, gérer des résidents parfois agités ou agressifs en raison de troubles cognitifs, accompagner des familles en détresse — ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple pour personne, même pour les soignants expérimentés. Ce n'est pas une faiblesse de le reconnaître. C'est précisément parce que ces situations sont difficiles que la formation ESSR y consacre une partie entière — gestion de la douleur, accompagnement en fin de vie, communication avec les familles, gestion de l'agressivité.

Les week-ends et les jours fériés. Un EMS fonctionne 365 jours par an, sans interruption. Les plannings incluent des week-ends et des fériés par roulement — c'est une organisation de vie à anticiper sérieusement avant de choisir ce métier. En contrepartie, les majorations salariales pour ces plages horaires sont prévues par les conventions collectives cantonales.

Salaire d'un auxiliaire de santé en EMS en Suisse

La question du salaire est légitime et mérite une réponse honnête.

Les sources disponibles indiquent une fourchette de 3'800 à 4'500 CHF brut par mois pour un auxiliaire de santé débutant en EMS en Suisse, pour un engagement à 100 %. Ces montants varient selon le canton, l'établissement et l'ancienneté. Les CCT (conventions collectives de travail) genevoise et vaudoise figurent parmi les plus favorables de Suisse romande. Les shifts de nuit, les dimanches et les jours fériés font l'objet de majorations définies dans ces mêmes conventions.

Pour connaître les grilles salariales officielles qui s'appliquent à votre situation, référez-vous directement aux conventions collectives de travail (CCT) de votre canton — elles sont publiques et consultables en ligne.

Avec 2 à 3 ans d'expérience, une progression vers le CFC ASSC est possible. Dans plusieurs cantons, les employeurs participent partiellement au financement de cette formation continue — c'est un point à négocier lors de l'engagement.

Une formation conçue pour ce quotidien

Ce n'est pas un hasard si la formation Auxiliaire de Santé de l'ESSR couvre exactement ce que vous venez de lire. Elle a été écrite par François Dupuis, ancien chef de clinique en gériatrie aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et psychologue. Cette double formation — médicale et psychologique — explique pourquoi la relation humaine et la dignité dans le soin traversent chaque module, pas en introduction théorique, mais dans la manière dont chaque compétence est enseignée.

Les travaux pratiques sont conduits par des infirmières formatrices qui transmettent non seulement les gestes techniques, mais aussi la façon juste d'aborder un résident dans le soin — pour que la personne soignée se sente bien prise en charge, et que le soignant soit bien dans son métier. Deux conditions qui ne sont pas séparables.

Ce que vous ferez en EMS Ce que la formation ESSR vous enseigne
Toilette au lit, soins d'hygiène Soins d'hygiène corporelle, toilette au lit et au lavabo, soins bucco-dentaires
Mobilisation, transferts, aide à la marche Ergonomie, mobilisation des personnes soignées, transferts au lève-personne
Aide à l'alimentation Alimentation adaptée, aide au repas, surveillance de la déglutition
Paramètres vitaux, pansements Mesure des paramètres vitaux, bilan urinaire, pansements simples
Transmissions d'équipe, dossier de soins Transmission des informations, organisation en institution
Gestion de la fin de vie, agressivité Accompagnement en fin de vie, gestion de l'agressivité
Hygiène, prévention des infections Règles d'hygiène en milieu de soins, prévention des infections nosocomiales
Démence, troubles cognitifs Prise en charge des personnes atteintes de troubles cognitifs
Réanimation BLS / Réanimation cardio-pulmonaire
Communication avec résidents et familles Communication thérapeutique, relation d'aide

La formation dure 6 mois, est accessible sans CFC ni expérience préalable, et coûte 3'900 CHF tout inclus — stage en EMS ou Spitex compris. Le diplôme est signé par un médecin, reconnu par OdASanté. L'ESSR (École de Santé de Suisse Romande) compte plus de 1'250 avis Google à 4.9/5 et affiche un taux de réussite de 95 %. Chaque étudiant bénéficie d'un accompagnement tout au long de la formation — aucun étudiant n'est laissé seul face aux difficultés.

Le diplôme, signé par un médecin, est immédiatement reconnu par les directeurs d'EMS pour ce qu'il représente : une formation sérieuse, ancrée dans la réalité clinique, pas un certificat de participation.

Questions fréquentes

Quelles sont les tâches d'un auxiliaire de santé en EMS ?

Un auxiliaire de santé en EMS assure les soins de base des résidents : aide au lever, toilette, habillage, aide à l'alimentation, mobilisation et prévention des escarres. Il participe aux transmissions d'équipe, observe l'état clinique des résidents et consigne ses observations dans le dossier de soins. Il travaille sous la supervision d'un infirmier diplômé ou d'un ASSC.

Quels sont les horaires de travail en EMS ?

Les EMS fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les auxiliaires de santé travaillent en roulements de 7 à 8 heures : shift matin (généralement 6 h–14 h), shift après-midi (13 h–21 h) et shift de nuit (21 h–6 h). Les week-ends et jours fériés font partie des plannings habituels par roulement.

Quelle formation faut-il pour travailler en EMS comme auxiliaire de santé ?

En Suisse, une formation reconnue par OdASanté est recommandée pour travailler en EMS comme auxiliaire de santé. L'ESSR (École de Santé de Suisse Romande) propose une formation de 6 mois, accessible sans CFC ni expérience préalable, combinant 50 modules e-learning et 11 séances de travaux pratiques en classe. Le stage en EMS ou Spitex est inclus dans la formation. Le diplôme, signé par un médecin, est reconnu par les employeurs. Découvrez le programme complet.

Quel est le salaire d'un auxiliaire de santé en EMS en Suisse ?

Les sources disponibles indiquent une fourchette de 3'800 à 4'500 CHF brut par mois pour un auxiliaire de santé débutant en EMS, pour un engagement à 100 %. Ces montants varient selon le canton, l'établissement et l'ancienneté. Les shifts de nuit et les jours fériés font l'objet de majorations selon les conventions collectives cantonales (CCT).

Vous vous reconnaissez dans ce quotidien ?

Soins de base, transmissions d'équipe, présence humaine, gestion des moments difficiles — ce métier demande de la rigueur, une résistance physique réelle et une capacité à être vraiment là pour les autres. Ce ne sont pas des qualités qui s'acquièrent dans les livres. Mais les gestes, les techniques, le cadre professionnel — eux, ça s'apprend.

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, la formation Auxiliaire de Santé de l'ESSR vous prépare concrètement à ce quotidien : des soins d'hygiène aux situations de fin de vie, des transmissions d'équipe à la gestion de l'agressivité. Vous avez les qualités humaines pour ce métier. La formation vous donne les outils.

Découvrez le programme de formation Auxiliaire de Santé →

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