Aide-soignante à domicile, de nuit ou à son compte : les règles
Par ESSR • 01 octobre 2026
Travailler la nuit dans un EMS, aller chez les gens le matin, ou se mettre à son compte : ces trois envies reviennent sans cesse chez les personnes qui se forment aux soins de base. La réponse est plus nette qu'on ne le croit.
Travailler la nuit dans un EMS, aller chez les gens le matin, ou se mettre à son compte : ces trois envies reviennent sans cesse chez les personnes qui se forment aux soins de base. La réponse est plus nette qu'on ne le croit. Les deux premières voies sont ouvertes à une aide-soignante à domicile ou en établissement. La troisième l'est beaucoup moins. Le lieu et l'horaire se règlent dans un contrat de travail, avec des protections précises pour la nuit. Le statut d'indépendante, lui, ne se choisit pas : une caisse de compensation le reconnaît, ou non. Voici les règles suisses qui s'appliquent vraiment, textes officiels à l'appui, pour choisir votre cadre en connaissance de cause.
Peut-on travailler comme aide-soignante à domicile, de nuit ou à son compte ?
En bref : Oui pour les deux premiers, sous conditions strictes pour le troisième. Il n'existe pas de diplôme fédéral d'auxiliaire de santé comparable à l'AFP d'aide en soins et accompagnement (ASA) ou au CFC d'assistant en soins et santé communautaire (ASSC), et travailler la nuit ou au domicile des gens reste possible. Ce qui change d'un cas à l'autre, c'est le statut. À domicile, les prestations de soins prises en charge par l'assurance obligatoire sont fournies par des infirmiers autorisés, des organisations de soins et d'aide à domicile et des établissements médico-sociaux : pour ces soins, l'auxiliaire intervient dans le cadre de l'une de ces structures, et une famille peut aussi l'engager directement pour une prise en charge privée. La nuit, la loi situe en règle générale l'intervalle de 23 h à 6 h et impose une compensation. À son compte, c'est la caisse de compensation qui reconnaît, ou non, le statut d'indépendant.
En Suisse, « aide-soignante » est une appellation d'usage plutôt qu'un titre fédéral unique. Selon le contexte et l'employeur, elle peut notamment désigner une auxiliaire de santé. L'aide en soins et accompagnement (ASA) et l'assistant en soins et santé communautaire (ASSC) correspondent en revanche à des qualifications fédérales distinctes : une attestation fédérale en 2 ans pour la première, un certificat fédéral de capacité (CFC) en 3 ans pour le second.
Trois questions se cachent derrière une seule : le lieu de travail, l'horaire et le statut. Les deux premières se règlent dans un contrat de travail. La troisième dépend d'une décision extérieure, puisque les caisses de compensation déterminent au cas par cas si une personne exerce une activité indépendante au regard de l'assurance-vieillesse et survivants [1].
Côté horaire, la loi sur le travail situe en règle générale le travail de jour entre 6 et 20 heures et le travail du soir entre 20 et 23 heures [2]. L'intervalle de nuit usuel va de 23 h à 6 h [3]. Ces limites ne sont pas figées : avec l'accord des travailleurs concernés, le début et la fin du travail de jour et du soir peuvent être fixés autrement, entre 5 h et 24 h, dans le respect de la durée prévue par la loi [2].
Côté lieu, les prestations de soins prises en charge par l'assurance obligatoire sont fournies par des infirmiers autorisés, des organisations de soins et d'aide à domicile ainsi que des établissements médico-sociaux. L'auxiliaire de santé ne figure pas dans cette liste à titre individuel [4]. Cette règle porte sur la prise en charge par l'assurance, pas sur l'accès au domicile : une famille peut aussi engager directement une auxiliaire pour une prise en charge privée, un cadre détaillé plus bas.
Peut-on travailler comme aide-soignante à domicile, et à quelles conditions ?
Oui, dans deux cadres différents. Pour des soins destinés à être pris en charge par l'assurance obligatoire des soins, l'auxiliaire intervient dans le cadre d'un fournisseur admis. Pour une prise en charge privée, une famille peut également engager directement une auxiliaire ; le ménage devient alors employeur.
Des soins pris en charge par l'assurance obligatoire
L'assurance obligatoire des soins couvre trois familles de prestations à domicile : l'évaluation, le conseil et la coordination ; les examens et traitements ; les soins de base. Les examens et traitements exigent une prescription. L'évaluation, le conseil et la coordination ainsi que les soins de base n'en demandent aucune [4].
L'absence de prescription ne rend pas pour autant ces soins facturables par n'importe qui. Pour que l'assurance obligatoire y participe, le besoin en soins doit notamment être évalué conformément à l'ordonnance sur les prestations de l'assurance des soins (OPAS), et les prestations doivent être fournies par des infirmiers autorisés, des organisations de soins et d'aide à domicile ou des établissements médico-sociaux [4]. Pour intervenir au domicile de patients à la charge de cette assurance, une auxiliaire de santé passe donc par l'une de ces structures. Ces règles sont fédérales : elles valent à Genève comme dans le canton de Vaud, à Fribourg, à Neuchâtel, en Valais ou dans le Jura.
L'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail définit les entreprises de soins à domicile comme celles dont l'activité consiste à exercer des tâches extrahospitalières pour des personnes nécessitant une prise en charge et des soins médicaux. Leurs prestations de base incluent les soins, un service de garde-malade et les travaux ménagers, auxquels s'ajoutent les services de repas et de transport [5].
Dans ces structures, le rôle reste encadré. L'aide-soignante à domicile assure les soins de base quotidiens (hygiène, alimentation, mobilisation, confort) sous la supervision d'un professionnel qualifié, infirmier ou assistant en soins et santé communautaire.
Une prise en charge privée, engagée par une famille
Une famille peut aussi engager directement une personne pour s'occuper d'un proche âgé ou dépendant. Le ménage privé devient alors employeur, avec les obligations d'assurances sociales et d'assurance accidents propres au travail domestique, détaillées plus bas. Vous êtes salariée de ce ménage, pas indépendante.
Comment travailler comme aide-soignante de nuit, et qu'est-ce que ça change ?
La nuit ne demande aucun titre particulier : elle change surtout votre rémunération, vos temps de repos et votre suivi de santé. Les établissements de soins peuvent organiser le travail de nuit sans permis.
Les maisons de retraite, établissements de soins et homes médicalisés entrent dans la catégorie « maisons et internats » de l'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail. À ce titre, ils peuvent procéder au travail de nuit et du dimanche sans restriction et sans devoir solliciter de permis officiel [6]. La même règle vaut à domicile : les entreprises de soins à domicile peuvent occuper des travailleurs toute la nuit et tout le dimanche sans autorisation officielle, dans la mesure nécessaire aux tâches au domicile de personnes ayant besoin d'aide [5].
La compensation dépend de la fréquence, et c'est le point que beaucoup découvrent sur leur fiche de salaire :
- Moins de 25 nuits par année : le travail de nuit est temporaire et donne droit à un supplément de salaire de 25 % pour le travail effectué de nuit [3].
- 25 nuits par année ou plus : le travail de nuit est régulier et ouvre droit à une compensation en temps équivalant à 10 % de la durée du travail de nuit, qui ne peut en principe pas être convertie en argent [3].
Inutile d'attendre la 25e nuit pour y avoir droit. Si l'organisation prévoit dès le départ que vous travaillerez régulièrement au moins 25 nuits dans l'année, la compensation en temps de 10 % est due dès la première intervention de nuit [3].
Le travail de nuit ouvre aussi un droit au suivi médical. À partir de 25 nuits par année, vous pouvez demander un examen médical et des conseils à intervalles réguliers. Pour certaines formes de travail de nuit présentant des contraintes particulières, notamment certains postes sans alternance avec le jour, le travail en solitaire ou certaines organisations sur 12 heures, l'examen médical et les conseils peuvent être obligatoires [3].
Le repos quotidien est d'au moins 11 heures consécutives [2]. Dans ces établissements, il peut descendre à 9 heures plus d'une fois par semaine, à deux conditions : atteindre 12 heures en moyenne sur deux semaines, et exclure tout travail supplémentaire au cours de l'intervention qui suit cette réduction [6].
Comment devient-on veilleuse ou veilleur de nuit en établissement médico-social ?
On y accède comme à un poste de jour : il n'existe pas de diplôme fédéral d'auxiliaire de santé comparable à l'AFP d'ASA ou au CFC d'ASSC. Les employeurs demandent en pratique une formation, comme on le verra plus bas. La situation est différente pour l'infirmier, dont la profession est réglementée : pour exercer sous propre responsabilité professionnelle, les diplômes admis comprennent notamment le Bachelor of Science HES en soins infirmiers et le diplôme d'infirmier ES, sous réserve des autres conditions légales applicables.
Les dispositions spéciales de l'ordonnance visent les travailleurs affectés à l'encadrement des pensionnaires. Cette notion est définie de manière large : elle comprend tous ceux qui fournissent des services profitant aux pensionnaires, au-delà du personnel soignant au sens strict [6].
Deux règles pèsent sur l'organisation d'une veille :
- Le poste de 12 heures : un poste de nuit peut s'inscrire dans un intervalle de 12 heures seulement si l'employeur met à disposition une infrastructure permettant de se reposer, et dans l'une de deux variantes [6] : - soit 10 heures de travail au maximum dans cet intervalle, composées en grande partie de temps de pure présence ; - soit au moins 4 heures pendant lesquelles vous n'êtes pas tenue de travailler, les 12 heures comptant néanmoins entièrement comme temps de travail.
Dans les deux cas, le repos quotidien doit être porté à 12 heures [6]. 2. Les dimanches : l'établissement doit accorder au minimum 12 dimanches de congé par année civile. La personne appelée à intervenir le dimanche a droit, dans la même semaine, à un repos hebdomadaire de 47 heures au total [6].
Au moment de l'entretien d'embauche, ces deux points valent d'être posés franchement. Ils disent beaucoup de la façon dont une équipe de nuit est traitée.
Peut-on travailler comme aide-soignante indépendante, à son compte ?
C'est possible sur le papier, mais le statut ne se décrète pas. Les caisses de compensation déterminent au cas par cas, en fonction de la rémunération de l'activité, si l'assuré exerce une activité indépendante. Ce sont les conditions économiques qui sont déterminantes, et non les rapports contractuels [1].
Quatre critères sont examinés :
- Une raison sociale sous laquelle vous vous présentez ;
- Le risque économique, que vous assumez vous-même ;
- Une organisation libre de votre entreprise ;
- Plusieurs mandants pour qui vous travaillez.
Travailler pour un seul mandant conduit en général à retenir une activité salariée [1]. Le statut se paie, aussi. L'indépendant verse la totalité de ses cotisations AVS/AI/APG. Le taux plein est de 10 % en 2026 (AVS 8.1 %, AI 1.4 %, APG 0.5 %) ; pour un revenu annuel inférieur à 60'500 CHF, un barème dégressif s'applique [1]. Par ce seul statut, il n'est assuré ni contre le chômage ni, comme un salarié, contre les accidents, et il n'est pas soumis au régime obligatoire de la prévoyance professionnelle [1].
La reconnaissance du statut d'indépendant par l'AVS ne constitue pas, à elle seule, une autorisation professionnelle. Les actes pouvant être réalisés sous propre responsabilité et les éventuelles autorisations nécessaires doivent également être vérifiés selon la réglementation du canton concerné.
La vraie limite, côté assurance, est ailleurs. Les fournisseurs de prestations admis à pratiquer à la charge de l'assurance obligatoire des soins sont énumérés dans la loi sur l'assurance-maladie [7]. Les soins à domicile y sont rattachés aux infirmiers autorisés, aux organisations de soins et d'aide à domicile et aux établissements médico-sociaux [4]. Une auxiliaire de santé ne peut donc pas facturer elle-même ses prestations à l'assurance obligatoire. Pour des prestations privées non facturées à cette assurance, une activité indépendante peut être envisageable si les critères AVS sont remplis, mais le champ d'activité doit aussi respecter le droit professionnel et cantonal applicable. Et le simple fait d'être payée par ses clients ne suffit pas à donner le statut d'indépendante : la section suivante dit pourquoi.
Chez des particuliers, en intérim, à temps partiel : trois cadres à ne pas confondre
Travailler chez des particuliers ne rend pas indépendante. Le droit des assurances sociales considère le travail domestique comme une activité lucrative, et la prise en charge de personnes âgées y figure expressément : c'est le ménage privé qui devient employeur [8].
La famille doit s'annoncer à la caisse cantonale de compensation de son canton de domicile. Elle décompte les cotisations sur le salaire, indépendamment de son montant, les seuls jeunes employés de maison faisant exception ; ne pas s'annoncer est punissable. Elle doit aussi assurer son employée contre les accidents [8].
| Cadre | Qui est l'employeur ? | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Chez un particulier | Le ménage privé | Annonce à la caisse cantonale de compensation, assurance accidents [8] |
| Temps partiel chez un particulier | Le ménage privé | Seuil de huit heures par semaine pour l'assurance accidents non professionnels [8] |
| Intérim | L'entreprise de location de services | Autorisation de pratiquer la location de services [9] |
Le temps partiel a un seuil à connaître. En dessous de huit heures de travail par semaine, l'employé de maison n'est assuré que contre les accidents professionnels et les maladies professionnelles. À partir de huit heures, il doit l'être aussi contre les accidents non professionnels [8].
L'intérim relève encore d'un autre cadre. Mettre des travailleurs à disposition de clients pour des missions exige une autorisation de pratiquer la location de services, et un répertoire public recense les entreprises dûment autorisées [9]. Avant de signer avec une agence, ce répertoire se consulte en quelques minutes.
Quelle formation faut-il pour travailler à domicile ou de nuit ?
Il n'existe pas de diplôme fédéral d'auxiliaire de santé comparable à l'attestation fédérale d'ASA ou au CFC d'ASSC. En pratique, pour réaliser certaines prestations de soins de base dans les organisations d'aide et de soins à domicile, une formation d'auxiliaire reconnue est exigée par les conventions applicables avec les assureurs. Selon OdASanté, il s'agit d'un cours d'auxiliaire de santé suivi auprès d'un prestataire reconnu ou de la Croix-Rouge suisse [10].
Au-delà de ce cadre, les employeurs recrutent sur des compétences précises. Le contenu qui sert vraiment sur ces postes est celui des soins de base : hygiène et prévention des infections, manutention et mobilisation, soins de base, évaluation de l'état clinique, communication, organisation du travail et gestion des crises. La nuit, seule dans un couloir, c'est souvent la gestion des crises qui fait la différence.
Le stage compte autant que les cours. La formation d'auxiliaire de santé se termine par un stage d'au moins 120 heures en institution, réalisé après les travaux pratiques et jamais avant. Il est obligatoire pour tout le monde. Il peut se dérouler dans un emploi en cours, ou être validé à partir d'une expérience déjà effectuée, sous conditions.
Reste la question du format, qui décide souvent de tout. Suivre la théorie à distance permet de garder un emploi ou des horaires décalés pendant la formation. C'est ce qu'a construit l'École de Santé de Suisse Romande, qui publie cet article : 125 heures en tout, dont 75 heures de théorie à distance et 50 heures de travaux pratiques en présentiel à Genève et à Lausanne, un stage obligatoire de 120 heures minimum, que l'école trouve grâce à son réseau de partenaires pour les étudiantes et les étudiants qui le souhaitent, chacun pouvant aussi trouver le sien ou faire valider un stage déjà effectué, sous conditions, et une formation reconnue par OdASanté.
Cette formation courte ne se confond pas avec les apprentissages fédéraux. L'ASA et l'ASSC se préparent en 2 et 3 ans, dans le système dual, le plus souvent en formation initiale. La formation d'auxiliaire de santé s'adresse aux adultes qui veulent entrer vite dans le métier.
L'ESSR : votre partenaire pour devenir auxiliaire de santé
Si vous voulez travailler comme aide-soignante à domicile, en EMS ou de nuit, l'ESSR, École de Santé de Suisse Romande, vous prépare à ces postes avec une formation pensée pour les adultes qui travaillent déjà.
Trois choses la distinguent. Votre diplôme est signé par un médecin : les cours sont écrits et supervisés par François Dupuis, médecin et directeur médical de l'ESSR. Nos étudiants nous accordent une note de 4.9/5 sur plus de 1'300 avis Google. Et nous vous accompagnons du premier jour jusqu'à l'emploi, stage compris : c'est l'école qui vous le trouve si vous le souhaitez, grâce à un réseau de plus de 20 institutions dans le domaine des soins.
« Beaucoup de personnes arrivent chez nous en pensant que la nuit ou le domicile demandent un autre métier. C'est le même métier, avec plus d'autonomie. Ce qui rassure un employeur, c'est une personne qui sait quoi faire quand elle est seule face à un résident », observe François Dupuis, médecin et directeur médical de l'ESSR.
Le module de réanimation BLS-AED fait partie du parcours et doit être validé avant le diplôme. Plus de 95 % de nos étudiants réussissent leur formation. Pour mesurer ce que ce changement représente, lisez les témoignages de nos diplômés, puis découvrez le programme et les prochaines sessions de la formation d'auxiliaire de santé.
Conclusion
Travailler comme aide-soignante à domicile ou de nuit est pleinement ouvert, dans trois cadres à bien distinguer. D'abord, une activité dans le cadre d'une organisation de soins à domicile ou d'un EMS : c'est le cadre des soins pris en charge par l'assurance obligatoire. Ensuite, un emploi direct chez un particulier, où le ménage devient employeur. Enfin, une éventuelle activité indépendante privée, sous réserve du statut reconnu par l'AVS, du champ d'activité autorisé et des règles de votre canton. La nuit se compense en salaire ou en temps selon le nombre de nuits. Partout, une formation reconnue, les soins de base et le stage ouvrent les portes, et une formation courte comme celle de l'ESSR reste compatible avec un emploi. Il faut oser y croire : ce métier vous attend.
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Questions fréquentes
Une aide-soignante à domicile a-t-elle besoin d'une prescription médicale pour faire des soins de base en Suisse ?
Non, pas pour les soins de base au sens de l'assurance obligatoire. Selon l'Office fédéral de la santé publique, les soins de base ainsi que l'évaluation, le conseil et la coordination ne nécessitent ni prescription ni mandat médical, contrairement aux examens et traitements [4]. Cela ne permet pas pour autant à une auxiliaire de les facturer elle-même : pour une prise en charge par l'assurance obligatoire, le besoin en soins doit être évalué selon l'OPAS et les prestations fournies par un fournisseur admis, comme une organisation de soins à domicile ou un EMS.
Combien d'heures de repos une aide-soignante de nuit doit-elle avoir entre deux services en EMS ?
La loi sur le travail prévoit un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives [2]. Dans les EMS et homes médicalisés, il peut descendre à 9 heures plus d'une fois par semaine, à condition d'atteindre 12 heures en moyenne sur deux semaines. Avec un poste de nuit inscrit dans un intervalle de 12 heures, admis seulement sous conditions strictes, le repos quotidien passe à 12 heures [6].
Quelles cotisations paie une aide-soignante indépendante en Suisse ?
Une personne reconnue indépendante par sa caisse de compensation paie seule ses cotisations AVS, AI et APG : 10 % au taux plein en 2026 pour un revenu annuel d'au moins 60'500 CHF, selon un barème dégressif en dessous [1]. Ce statut ne l'assure ni contre le chômage ni contre les accidents comme un salarié, et elle n'est pas soumise au régime obligatoire de la prévoyance professionnelle. Il ne vaut pas non plus autorisation professionnelle : les règles du canton concerné restent à vérifier.
Une famille peut-elle engager directement une aide-soignante pour s'occuper d'une personne âgée ?
Oui, et la famille devient alors employeuse : il s'agit d'un emploi salarié, pas d'une activité indépendante. La prise en charge de personnes âgées dans un ménage privé compte comme travail domestique : le ménage s'annonce à la caisse cantonale de compensation, paie les cotisations sur le salaire et assure l'employée contre les accidents, y compris non professionnels dès huit heures par semaine [8].
Faut-il un diplôme pour devenir aide-soignante à domicile en Suisse romande ?
Il n'existe pas de diplôme fédéral d'auxiliaire de santé, mais une formation reconnue est exigée en pratique pour certains soins de base dans les organisations d'aide et de soins à domicile, en vertu des conventions conclues avec les assureurs [10]. L'ESSR propose une formation d'auxiliaire de santé reconnue par OdASanté : 125 heures de cours, dont 75 heures à distance et 50 heures de travaux pratiques à Genève et à Lausanne, suivies d'un stage d'au moins 120 heures.
Relu par le Dr François Dupuis, médecin, directeur médical de l'ESSR, ancien chef de clinique HUG (Voir la bio)
Article publié par l'ESSR, qui propose la formation d'auxiliaire de santé. Rédigé au mieux de nos connaissances au 30 septembre 2026 ; les informations sur les autres organismes proviennent de leurs sites. Une erreur ? Écrivez-nous, nous corrigeons.
Références
[1] Mémento 2.02 du Centre d'information AVS/AI : Cotisations des indépendants à l'AVS, à l'AI et aux APG, Centre d'information AVS/AI, 2026.
[2] Informations sur la durée du travail et du repos - SECO, Secrétariat d'État à l'économie (SECO), consulté le 7 septembre 2026.
[3] Travail de nuit et du dimanche - SECO fournit des informations, Secrétariat d'État à l'économie (SECO), consulté le 7 septembre 2026.
[4] Assurance-maladie : prestations de soins, Office fédéral de la santé publique (OFSP), consulté le 7 septembre 2026.
[5] Commentaire de l'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail, art. 17 « Entreprises de soins à domicile », Secrétariat d'État à l'économie (SECO), 2012.
[6] Commentaire de l'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail, art. 16 « Maisons et internats », Secrétariat d'État à l'économie (SECO), 2023.
[7] Assurance-maladie : Fournisseurs de prestations, Office fédéral de la santé publique (OFSP), consulté le 7 septembre 2026.
[8] Mémento 2.06 du Centre d'information AVS/AI : Travail domestique, Centre d'information AVS/AI, 2026.
[9] Le placement privé et la location de services, Secrétariat d'État à l'économie (SECO), consulté le 7 septembre 2026.
[10] Cours d'auxiliaire de santé, OdASanté, consulté le 5 septembre 2026.
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