Devenir sexothérapeute en suisse

Devenir sexothérapeute en Suisse : quelle formation, quel diplôme

Par ESSR 18 septembre 2026

 13 min de lecture

En Suisse romande, la sexologie ne s'apprend pas comme un premier métier : elle vient après un diplôme de la santé, du social ou de la psychologie et plusieurs années de pratique. Deux programmes romands répondent à cette demande, avec des prérequis, des durées et des prix précis.

En Suisse romande, la sexologie ne s'apprend pas comme un premier métier : elle vient après un diplôme de la santé, du social ou de la psychologie et plusieurs années de pratique. Deux programmes romands répondent à cette demande, avec des prérequis, des durées et des prix précis. Le certificat universitaire ne donne pas droit au titre de sexologue spécialiste, qui s'obtient ensuite sur dossier. Cet article détaille le chemin réel, les diplômes, les coûts, les modalités à distance et les bases scientifiques attendues avant de vous spécialiser.

Comment devenir sexothérapeute en Suisse et quelle formation suivre ?

En bref : En Suisse romande, la sexologie n'est pas une formation de départ : c'est une spécialisation qui suit, en règle générale, un diplôme de haute école en santé, en social ou en psychologie et deux à trois ans de pratique. Deux programmes romands répondent à cette demande. Un certificat universitaire de formation continue, 15 crédits et 168 heures d'enseignement en présence, à 7'200 CHF. Un diplôme d'études approfondies en santé sexuelle, 43 jours de cours et environ 26 jours de stage sur 20 mois, à 12'800 CHF. Le certificat ne donne pas droit au titre de sexologue spécialiste : ce titre s'obtient ensuite auprès d'une société professionnelle, sur dossier. Tarifs relevés le 18 septembre 2026.

Le chemin se fait en deux temps : un métier de base, puis une spécialisation. Le certificat de formation continue en sexologie de l'Université de Genève s'adresse à « Médecin, psychologue, sage-femme, infirmier/ère, physiothérapeute, conseiller/ère conjugale, travailleur/euse social ou à tout-e professionnel-le régulièrement confronté-e aux thématiques de la sexualité dans sa pratique » [1].

Les conditions d'admission le confirment. L'Université de Genève demande une « Maîtrise universitaire, licence ou baccalauréat universitaire, master ou bachelor d'une haute école spécialisée ou titre jugé équivalent », plus une expérience professionnelle attestée d'au moins 2 années dans le domaine de la santé ou du social, « en principe requise, sous réserve d'exceptions » [1]. L'admission se fait sur dossier, au besoin complété par un entretien.

Le second programme décrit ici, le diplôme d'études approfondies en santé sexuelle, demande un bachelor de haute école dans le travail social, la santé, les sciences humaines ou sociales ou la psychologie avec au moins 3 ans d'expérience, ou un titre du tertiaire B avec au moins 6 ans [2].

Aucune de ces deux voies ne se prend donc en sortie d'école. Le diplôme et les années de pratique viennent d'abord, la sexologie ensuite. C'est une différence de fond avec une reconversion classique : ici, vous ne partez jamais de rien.

Quel diplôme faut-il pour devenir sexothérapeute et est-ce reconnu en Suisse ?

Le certificat ouvre la porte, mais il ne fait pas le titre. L'Université de Genève est explicite sur la portée de son programme : « Le CAS en sexologie ne donne pas droit au titre de sexologue spécialiste. Il est reconnu comme l'une des deux formations universitaires de base par la Société Suisse de Sexologie (SSS) et par l'Association Suisse des Psychologues Sexologues Cliniciens (ASPSC) » [1].

La même page précise ce qu'il ne permet pas : « il n'autorise pas à lui seul une pratique clinique de la sexologie en tant que spécialiste certifié-e en sexologie, pour laquelle une formation complémentaire est requise » [1].

Le titre de spécialiste se demande ensuite auprès de la Société Suisse de Sexologie, sur dossier, par trois voies : un diplôme universitaire en sexologie reconnu par elle plus 120 heures de travail clinique ; ou 2 ans de travail à 100 % dans un centre de formation en sexologie qu'elle reconnaît, plus 45 heures de supervisions et 15 heures de travail personnel ; ou un cursus validé par elle. Le maintien du titre demande 30 heures de formation continue tous les 5 ans [3].

Le diplôme d'études approfondies en santé sexuelle vise, lui, un débouché différent : il « donne accès au niveau d'exigences requis par les services de santé sexuelle des cantons latins pour leurs collaborateurs et collaboratrices » [2]. Un programme mène vers le titre de spécialiste, l'autre vers l'emploi en service public. Le choix dépend de votre projet.

Comment se former à la sexologie en Suisse, et à quel prix ?

Trois programmes romands cadrent l'offre, avec des tarifs relevés le 18 septembre 2026.

Le certificat de formation continue en sexologie de l'Université de Genève compte 15 crédits ECTS, 168 heures d'enseignement en présence et 7 modules, de janvier 2026 à mars 2027, à la Faculté de médecine, avec 30 participants au maximum, soit environ 15 mois. Il coûte 7'200 CHF pour le programme complet, l'inscription par module étant possible de 800 à 2'000 CHF [4].

Le certificat en santé sexuelle : approches de prévention et de promotion, 12 crédits ECTS, est porté par l'Université de Lausanne, l'Université de Genève et la Haute école de travail social de Genève. Il compte 16 jours de cours sur 9 mois environ, coûte 5'000 CHF plus 200 CHF de frais d'inscription, et demande 2 ans d'expérience dans la psychologie, le social, l'éducation ou la santé [5].

Le diplôme d'études approfondies en santé sexuelle, 35 crédits ECTS, comprend 43 jours de cours et environ 26 jours de stage sur 20 mois, à raison de deux jours consécutifs par mois. Il coûte 12'800 CHF, ou 8'450 CHF pour les titulaires du certificat en santé sexuelle, plus 200 CHF de frais d'inscription non remboursables [2].

Un même appui financier genevois revient dans deux de ces programmes. L'Université de Genève annonce le chèque de formation de l'État de Genève, 750 CHF par année civile sous certaines conditions ; le diplôme d'études approfondies renvoie au même chèque, ouvert aux personnes domiciliées à Genève ou frontalières [4].

Peut-on devenir sexothérapeute en se formant à distance ?

Non, pas entièrement. Le certificat de l'Université de Genève est donné « En présence » : 168 heures d'enseignement en salle, à raison de « 2 jours par module (vendredi et samedi), sauf modules 3 et 5 (4 jours) et module 7 (6 jours) » [1].

Le diplôme d'études approfondies mêle les deux formats : « Des enseignements obligatoires asynchrones sont relayés sur la plateforme e-learning de la HES-SO (Moodle) et complètent la formation, en plus des heures d'enseignements présentiel » [2]. La part en ligne existe donc, mais elle vient en complément du présentiel.

Le stage, lui, ne se fait pas à distance : environ 26 jours en centres de santé sexuelle et planning familial et en services d'éducation sexuelle de Suisse latine, 13 jours en conseil et 13 jours en éducation, suivis par des professionnels accompagnants [2].

Aucune des deux voies décrites ne se suit donc entièrement en ligne. La part à distance complète le présentiel et le stage, elle ne les remplace pas. Si la flexibilité totale est un critère pour vous, c'est un point à intégrer très tôt dans votre projet.

Quelles bases scientifiques faut-il avoir avant de se spécialiser ?

Des bases d'anatomie et de physiologie sont attendues dès le premier programme. Le programme genevois consacre un module aux « Bases d'anatomo-physiologie » et aux dysfonctions sexuelles, avec pour compétence visée « Développer ses connaissances en matière d'anatomie et de physiologie » [1].

Le diplôme d'études approfondies comporte de son côté un module de 5 crédits ECTS intitulé « Aspects biomédicaux de la santé sexuelle et reproductive » [2].

La première compétence visée par le certificat genevois est d'« Actualiser ses propres connaissances scientifiques », et ces bases d'anatomo-physiologie occupent un module sur les sept du programme [1]. D'où la question que se posent beaucoup de candidats en reconversion : où acquérir ce socle quand le métier d'origine ne l'a pas donné ?

Ce socle s'acquiert aussi en formation continue. L'École de Santé de Suisse Romande, qui publie cet article, enseigne l'anatomie, la physiologie et la pathologie en 150 heures réparties sur 6 mois, endocrinologie et appareil reproducteur compris, au choix à distance en direct, en présentiel à Genève ou à Lausanne, ou en mixte ; 2'950 CHF, payable en 1, 3 ou 5 fois sans frais (tarif au 18 septembre 2026). Ce diplôme est un socle scientifique : il ne mène pas au métier de sexothérapeute et ne remplace aucun des deux parcours postgrades décrits ici. Vous en saurez plus sur la formation Anatomie Physiologie Pathologie.

Sexologue, sexothérapeute, conseiller conjugal : est-ce le même métier ?

Non, ce sont des mandats distincts, même s'ils se croisent. Le conseil conjugal suit sa propre voie : « La formation de conseiller conjugal ou de conseillère conjugale s'acquiert par des cours postgrades HES et un stage dans un service de conseil conjugal », pour un diplôme d'études approfondies en conseil conjugal et thérapie de couple, 30 jours sur 2 ans, ouvert sur diplôme d'une haute école du social, de l'éducation ou de la santé et 1 an d'expérience au moins [6].

La psychothérapie relève d'un autre régime, celui d'une profession réglementée : « La profession est soumise à une réglementation légale. Pour exercer de manière indépendante en tant que psychologue spécialiste en psychothérapie, vous devez obtenir une autorisation du canton » [7].

Les deux domaines se croisent malgré tout : les conseillers conjugaux figurent parmi les publics visés par le certificat universitaire en sexologie [1]. Le diplôme en santé sexuelle consacre de son côté une partie de son sixième module à la place de l'approche sexologique dans le mandat d'un spécialiste en santé sexuelle : accompagner la sexualité et accompagner le couple restent deux mandats distincts [2].

Par où commencer si l'on n'a pas encore de diplôme de la santé ?

Par le métier de base, presque toujours. Les trois programmes cités demandent un titre et de l'expérience : 2 ans pour le certificat en sexologie, 2 ans pour le certificat en santé sexuelle, 3 ans après un bachelor pour le diplôme d'études approfondies [1].

Une seule porte s'ouvre sans titre du tertiaire : l'admission sur dossier du diplôme en santé sexuelle, présentée comme une « mesure d'exception ». Elle demande au moins 8 ans d'expérience, un surcoût de 500 CHF, la preuve d'avoir « suivi et acquis les connaissances scientifiques ou méthodologiques nécessaires », et reste plafonnée à 50 % de l'effectif de la volée [2].

Le calendrier compte autant que le dossier : au 18 septembre 2026, la volée genevoise de janvier 2026 à mars 2027 est annoncée complète, et les inscriptions au cycle suivant, de décembre 2027 à décembre 2029, ouvrent en mai 2027 [1].

Qui part de zéro construit donc d'abord un métier de la santé ou du social. Notre article « Devenir thérapeute : quels sont les avantages et les limites ? » décrit ce que ce premier métier change, côté cadre légal comme côté quotidien.

L'ESSR : votre socle scientifique avant la spécialisation

Si votre projet passe par une formation en sexologie mais que le socle scientifique vous manque, l'École de Santé de Suisse Romande peut vous aider à le construire. Sa formation Anatomie-Physiologie-Pathologie représente 150 heures réparties sur 6 mois, au choix à distance en direct, en présentiel à Genève ou à Lausanne, ou en mixte, les trois modalités menant au même diplôme. Le tarif est de 2'950 CHF, payable en 1, 3 ou 5 fois sans frais (tarif au 18 septembre 2026), et la formation est éligible au chèque annuel de formation genevois.

Ce diplôme permet d'accéder aux certifications ASCA et RME, sans les délivrer. Trois éléments font sa singularité en Suisse romande : une note Google de 4,9/5 portée par plus de 1'300 avis, un diplôme signé par un médecin, et un accompagnement du premier jour jusqu'à l'objectif visé. L'école est co-fondée et dirigée par un médecin, ses cours sont écrits et supervisés par des médecins, et la première leçon est offerte sans engagement. Vous pouvez découvrir la formation Anatomie Physiologie Pathologie et essayer avant de vous décider.

Conclusion

Devenir sexothérapeute en Suisse romande, c'est franchir deux étapes : un métier de base de la santé, du social ou de la psychologie, puis une spécialisation postgrade. Le certificat universitaire en sexologie (7'200 CHF) et le diplôme d'études approfondies en santé sexuelle (12'800 CHF) répondent à cette demande, mais le titre de spécialiste s'obtient ensuite sur dossier auprès d'une société professionnelle. Des bases scientifiques solides sont attendues avant de se spécialiser. La formation Anatomie-Physiologie-Pathologie de l'ESSR permet d'acquérir ce socle, sans remplacer les parcours postgrades décrits ici. Tarifs relevés le 18 septembre 2026.

Formation Anatomie Physiologie
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Questions fréquentes

La sexologie est-elle une profession réglementée en Suisse ?

En Suisse, le titre de sexologue spécialiste n'est pas un titre d'État mais un titre professionnel délivré par la Société Suisse de Sexologie, sur dossier. La psychothérapie, elle, est une profession réglementée : exercer de manière indépendante exige une autorisation du canton. Sexologie et psychothérapie relèvent donc de deux régimes distincts.

Combien coûte une formation de sexologie en Suisse romande ?

Le certificat de formation continue en sexologie de l'Université de Genève coûte 7'200 CHF pour le programme complet. Le diplôme d'études approfondies HES-SO en santé sexuelle coûte 12'800 CHF, ou 8'450 CHF pour les titulaires du certificat en santé sexuelle. Le chèque annuel de formation de l'État de Genève, 750 CHF par année civile, peut s'appliquer sous conditions. Tarifs relevés le 18 septembre 2026.

Peut-on devenir sexothérapeute sans diplôme de la santé ?

Les programmes romands décrits demandent un titre de haute école et de l'expérience. Une seule voie s'ouvre sans titre du tertiaire : l'admission sur dossier du diplôme d'études approfondies en santé sexuelle, présentée comme une mesure d'exception, qui demande au moins 8 ans d'expérience et reste plafonnée à 50 % de la volée. Qui part de zéro construit d'abord un métier de la santé ou du social.

Faut-il des bases scientifiques avant de se spécialiser en sexologie ?

Oui. Le certificat genevois consacre un module aux bases d'anatomo-physiologie et aux dysfonctions sexuelles, et le diplôme d'études approfondies comporte un module de 5 crédits sur les aspects biomédicaux de la santé sexuelle. L'École de Santé de Suisse Romande enseigne ce socle d'anatomie, de physiologie et de pathologie en formation continue, en 150 heures sur 6 mois.

Relu par le Dr François Dupuis, médecin, directeur médical de l'ESSR, ancien chef de clinique HUG (Voir la bio)

Article publié par l'ESSR, qui propose la formation Anatomie-Physiologie-Pathologie. Rédigé au mieux de nos connaissances au 18 septembre 2026 ; les informations sur les autres organismes proviennent de leurs sites. Une erreur ? Écrivez-nous, nous corrigeons.

Références

[1] CAS - Sexologie - Centre pour la formation continue et à distance - UNIGE, Université de Genève, 2026.

[2] Santé sexuelle : interventions par l'éducation et le conseil | VisionS Formation continue HES Santé-Social Genève, HES-SO, 2026.

[3] Certifications | Société Suisse de Sexologie, Société Suisse de Sexologie, 2026.

[4] Sexologie | orientation.ch, orientation.ch, 2026.

[5] Santé sexuelle : approches de prévention et de promotion | orientation.ch, orientation.ch, 2026.

[6] Conseiller conjugal / Conseiller conjugal | orientation.ch, orientation.ch, 2026.

[7] Psychothérapeute | orientation.ch, orientation.ch, 2026.

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